Le renouveau du Lotti

Morceau d’Italie à côté de la place Vendôme, l’hôtel Lotti a été dépoussiéré pour revêtir des habits plus neuf, tout en conservant son charme d’origine. Un tour de force réussi.

 

Hotel Lotti

 

 

L’hôtel Lotti appartient aujourd’hui à la chaîne espagnole NH Hotels. Situé rue de Castiglione entre le jardin des Tuileries et la place Vendôme, ce quatre étoile intimiste fut surnommé des son ouverture en 1910, le plus petit des grands hôtels parisiens. Aujourd’hui, il dispose de 159 chambres et suites ainsi que sept salles de séminaires qui ont suivi une cure de rajeunissement sans oublier les obligations légales. « Nos derniers travaux, répartis en trois phases durant ces deux dernières années, ont été importants et nous ont permis de créer des espaces accessibles aux personnes à mobilité réduite. Notre chance fut d’avoir le nouveau bâtiment, rue du Mont Thabor, ouvert en 2003 pour mener à bien la réalisation de ces travaux sans gêner notre clientèle. » Explique Maurizio Redaelli, directeur général de l’hôtel.

 

Les investissements nécessaires pour la sécurité et la refonte de l’hôtel ont permis la création d’un patio visible en partie depuis le bar, la Dolce vita, offrant un poumon d’oxygène à l’hôtel ainsi qu’un espace très prisé par les couples, les riverains et les clients bien sûr dès l’arrivée des beaux jours. « Le patio donne un côté intime à l’hôtel. » Précise Maurizo Redaelli, qui poursuit : « Et, c’est un atout que nous utilisons lors des privatisations, de cocktails, de réceptions de mariages, tout e n pouvant attribuer un endroit aux fumeurs. Lors de travaux de rénovation et de construction, la Mairie de Paris conseille d’y inclure des espaces verts. Le mur végétal du patio est plus pratique en termes d’exploitation de l’espace. » Le 3 juin dernier, les invités ont pu découvrir ce patio aménagé en restaurant terrasse avec son mur végétal, ses quatre palmiers de plus de 5 mètres de haut, ses arbres fruitiers et ses vignes. Réalisé par la société Mercure Engineering & Consulting et Christian Fournet, architecte paysagiste, ce poumon végétal reste dans l’esprit du nouveau Lotti : quiétude et art de vivre à l’italienne mâtinée d’une French Touch. Au cours de cette fête à l’italienne pour marquer la réouverture totale de l’hôtel, tout le rez-de-chaussée a été ouvert dans un parcours qui permettait de découvrir le nouveau visage de l’hôtel et de finir avec le patio. Ce fut une bonne opération marketing avec les corporate, les TO, les agences et les grandes entreprises voisines comme la maison de couture Chanel, la rue Cambon n’étant pas très loin.

Patio

Côté cuisine, le Chef Fabrizio Cosso, italien et passionné de bio comme Maurizio Redaelli, a rejoint le Lotti il y a trois ans pour poursuivre la restauration italienne de tradition dans l’hôtel. « Nous avons beaucoup travaillé avec le directeur des achats de produits bio. » Raconte le directeur général. Cependant, il reconnait que : « C’est une contrainte énorme avec des fournisseurs qui n’arrivent pas à nous fournir 200 ou 250 produits tous les jours. C’est un défi permanent. » L’hôtel propose donc un petit déjeuner bio composé de 60à 70% de produits bio et d’œufs bio à la carte, Les déjeuners et dîners disposent d’une carte 100% bio à choisir entre deux entrées, deux plats, deux desserts. Tout est bio de A à Z, du sel au poivre en passant par les produits et le vin.

Hôtel Lotti

Fin de la crise ?

En 2008, la crise financière mondiale frappe et l’hôtel voit son taux d’occupation chuter comme beaucoup d’établissements travaillant avec le tourisme d’affaire. Il décide alors d’en « profiter » pour faire les travaux et remplacer les chambres désuètes. Avec la réouverture de juin dernier, le directeur général de l’hôtel a constaté que : « Le mois de juillet a été un tournant marquant la reprise. Nous avons été très surpris de cette reprise, même si le mois d’août a été normal. Depuis septembre, et en particulier au mois d’octobre, nous avons un taux d’occupation incroyable avec presque 100% tous les jours et un prix moyen honnête. » Les deux dernières semaines de juillet ont été marquée par un important tourisme d’affaire. L’hôtel, qui ne s’attendait pas à autant de monde, a du subir cette reprise sans vraiment l’avoir prévue, sans s’y être préparer totalement pour l’accueillir et l’accompagner.

De l’art ? J’adore !

Expérimenté dès 2005, alors que Maurizio Redaelli était directeur adjoint, des artistes contemporains viennent régulièrement exposer leurs œuvres. « Cela fait vivre l’hôtel et change des éternels tableaux que l’on y voit. » Explique Maurizio Redaelli qui poursuit : « J’ai toujours fait ça. Je suis passionné d’art. Il peut parfois y avoir des échecs avec des œuvres que personne n’aime. Cela fait partie du risque, un risque que j’assume. » En ce moment, Thomas Armonia, un jeune italien de 39 ans, qui vit et travaille à Paris expose une série sur le thème « art et luxe à Paris ». L’artiste est inspiré par la technique de la grisaille et la peinture baroque italienne du 16e siècle, et des peintres comme Véronèse, Le Titien ou le flamand Rubens. Le tableau monumental placé dans le bar, difficilement accepté au début est maintenant plébiscité par les employés et la clientèle qui vont le voir partir avec regret. Dans le patio, ce sont des sculptures en métal de Jean Vindras qui sont exposées.

article précédentaccueilarticle suivant