Séverine Pétilaire-Bellet, l’honneur de servir

La directrice générale de l’Hôtel de charme Les Airelles à Courchevel et de l’Hôtel Pan Deï Palais à Saint-Tropez, met à l’honneur ses collaborateurs et l’art de servir avec passion.

Hôtel de charme Les Airelles, Courchevel.

A 38 ans, Séverine Pétilaire-Bellet est une femme heureuse dont la philosophie de vie est « de se lever le matin en disant que les journées sont trop courtes » sans pour autant oublier sa famille. Une Wonder Woman ? Non, juste une femme passionnée par son métier et animée par la persévérance, sa principale qualité. Etudiante à l’école hôtelière de Poligny en Savoie, elle découvre la réalité du métier en 1991 lors de son premier stage passé à Hôtel Château de Gilly les Cîteaux. « Stagiaire en cuisine et en salle, j’ai débuté comme beaucoup en bas de l’échelon. C’est ce qui est important. On ne peut pas être un bon dirigeant hôtelier si on n’a pas vu un minimum de ces services qui sont la clé d’un hôtel. » Après avoir connu tous les postes d’un hôtel et titulaire d’une maîtrise de management et marketing des hôtels et des hébergements de loisirs, son parcours compte de grandes enseignes hôtelières (Hilton, Le Méridien, Le Martinez…). Depuis 2002, Mlle Pétilaire, ainsi nommée par ses collaborateurs, dirige l’hôtel de Charme Les Airelles créé par le couple Fenestraz. Lorsqu’en 2006, Stéphane Courbit, ex dirigeant très fortuné de la société de production Endémol mais aussi entrepreneur exigeant, achète l’établissement, il lui donne un nouveau souffle et des moyens conséquents pour une clientèle cosmopolite et elles aussi exigeante. Ce ne sont pas moins de 20 à 30 nationalités différentes qui se croisent tout au long de la saison. « Nous avons des Français, des Anglais des Belges, des Russes, des Brésiliens, des Saoudiens entre autres. En fait, nous faisons le tour du monde des vacances scolaires en termes de nationalité. » Résume la directrice générale des Airelles.

 

Et pour satisfaire cette clientèle, 37 millions d’euros de travaux ont été nécessaires. « C’est un montant de taille ! explique posément Séverine Pétilaire-Bellet. « Nous avons rénové complètement l’hôtel : un spa, des suites gigantesques, un appartement privé de 550 m2, trois restaurants dans l’établissement, une salle de jeu magnifique de 100m2 où on a construit un château fort pour les enfants qui fait 3m de haut sur 6 m de large. Autant de nouveaux produits que notre clientèle adore. » Ces travaux de réaménagement ont été un vrai travail d’équipe pour répondre au mieux aux attentes des clients. « Les Airelles sont un décor particulier avec cette notion de château de conte de fée. Il a fallu humilité et talent à l’architecte décorateur pour se fondre et faire aussi beau que ce que nous avions avant. » Raconte la jeune femme qui poursuit : « Les travaux étaient colossaux et nous avions besoin de soutenir l’architecte décorateur d’origine, Richard Ferbach, qui ne pouvait à lui seul prétendre à réaliser une masse de travaux aussi énorme. Donc il a fallu rechercher un archi qui comprenne le sens de l’hôtel. Christophe Tollemer et Franck Selzner de l’agence Un autre regard ont parfaitement réussi à intégrer cette notion. »

 

Séverine Pétilaire-Bellet refuse de parler de touche personnelle, en véritable chef d’orchestre, elle parle de « touche d’équipe ». « Un directeur général d’hôtel est un salarié au même titre qu’une femme de chambre ou qu’un directeur financier. Explique-telle, Nous nous mettons au service du produit et nous lui apportons nos compétences. Après, j’essaie au mieux de diriger mon équipe. C’est ce que je dis à mes collaborateurs. Un directeur général d’hôtel seul dans son établissement n’est pas capable de le tenir. En revanche des collaborateurs, des salariés seuls dans leur établissement peuvent le tenir. Cela sera plus vite la cohue car il n’y aura pas de tête dirigeante, mais dans tous les cas ils seront capables de répondre au téléphone, de faire la cuisine alors qu’un directeur d’hôtellerie n’est pas capable de tout faire. »

 

 

Naissance d’un groupe hôtelier ?

Séverine Pétilaire-Bellet dirige les deux hôtels que possède Séphane Courbit : Hôtel de Charme Les Airelles à Courchevel parmi les premiers à devenir un cinq étoiles en juin 2009 et Hôtel Pan Deï Palais à Saint-Tropez, un quatre étoile réalisé dans demeure restaurée dans un esprit néocolonial, disposant de 12 chambres. Une adresse confidentielle prisée des happy few. L’Hôtel de la Loze à Courchevel et l’Hôtel AlpenRuitor à Méribel-Mottaret, deux autres hôtels quatre étoiles, sont en contrat de gestion. Le Chalet Ornello, le petit dernier, est une dépendance des Airelles de 1000 m2 avec 9 chambres dédiées à une clientèle et un service des Airelles. Ce produit se vend très bien.

 

Le luxe au 21e siècle

Le temps et l’espace l’espace selon la jeune directrice générale, ce qu’apportent les Airelles selon elle. Les clients qui restent en moyenne 7 jours minimum à l’hôtel et l’espace était une vraie demande de la clientèle avec des suites plus grandes, de 150 à 550 m2 pour la plus. Le service est une vraie valeur ajoutée qui fait la différence entre les très beaux établissements de Courchevel. Aux Airelles, ce sont 160 collaborateurs pour 52 numéros avec un service Butler pour une clientèle revenant à plus de 80% et pour certains depuis plus de 15 ans tous les ans souvent à la même époque. La gouvernante connaissant la moindre des habitudes des clients, ceux-ci retrouvent leurs effets personnels à l’endroit exact où il les avait laissés un an auparavant.

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