Shangri-La hotel, du mythe à la légende

« Là, tout n’est d’ordre et beauté, luxe, calme et volupté. » Ces vers de L’invitation au voyage de Charles Baudelaire semblent avoir été écrits pour le nouveau palace parisien dont nous soulevons un coin du voile.

 

Inauguration Shangri-La Paris

Inauguration du Shangri-La Paris. Thierry Dana, Ean Kuok, propriétaire de Shangri-La Hotels & Resorts, Le Préfet Canepa et Alain Borgers, Directeur Général de Shangri-La Hotel, Paris.

En 2006, le groupe Shangri-La Hotels & Resorts achète à l’État Français le Palais Iéna, ancien hôtel particulier du prince Roland Bonaparte, à Paris. En 2009, le futur hôtel est inscrit à la liste des Monuments Historiques. Après 4 ans de travaux, le 17 décembre dernier à 17h, le palace ouvre enfin ses portes. Le groupe hôtelier asiatique doit son nom et sa philosophie de l’hospitalité à la lamaserie tibétaine imaginaire, Shangri-La (havre de paix), dans le roman Horizon perdu de James Hilton. Le service palace, est ici exacerbé dans l’art du savoir recevoir et l’anticipation des attentes des clients. Humilité, respect, courtoisie, générosité du cœur et sincérité sont les qualités essentielles pour tout le personnel du groupe. Et de fait, l’accueil et la prévenance sont à la hauteur du lieu et de son histoire.

 

Dès le lobby, nous sommes transportés dans un cocon blanc luminescent hors du temps pour un voyage au long cours commençant par l’escalier monumental digne de l’Opéra Garnier. Les salons de Roland Bonaparte ont retrouvé leurs splendeurs pour recevoir visiteurs et résidents. L’architecte Richard Martinet et l’architecte d’intérieur Pierre-Yves Rochon ont aussi aménagé les 81 chambres, chacune ayant été conçue sur mesure en fonction des volumes et des niveaux imposés par le bâtiment. À part les trois suites d’exception ayant eu un traitement particulier, l’ensemble des chambres est dans les tons bleus, blancs, dorés et écrus rappelant les couleurs de l’Empire et de l’Asie. De l’époque de Roland Bonaparte les thèmes et motifs ont été réinterprétés sur de nouveaux supports ou dans des matières et des teintes différentes. Respect du passé sans tourner le dos à la modernité pour satisfaire une clientèle exigeante qui connait déjà tous les palaces que compte la planète. Bénéficiant d’une vue dégagée, 40 % des chambres et 60 % des suites profitent du spectacle de la Seine et de la Tour Eiffel. De plus, la moitié des chambres et suites disposent de balcons et terrasses, chose rare à Paris.

 

Philippe Labbé et Christophe Klesch

Philippe Labbé et Christophe Klesch.

Sous la direction de Philippe Labbé, les trois restaurants du palace offrent trois ambiances et trois styles de cuisine. La Bauhinia, le restaurant lounge, qui doit son nom à l’orchidée qui orne le drapeau de Hong Kong, prend des allures de jardin d’hiver sous sa coupole incroyable et son lustre Murano étonnant. Avec 80 couverts simultanés, le restaurant est ouvert de 6 h 30 à 23 h, du petit déjeuner au dîner en passant par l’heure du thé. La carte propose des plats français et asiatiques en gardant leurs saveurs d’origine. Respectueux jusque dans les moindres détails. Dès février, le restaurant gastronomique français, L’Abeille, ouvrira ses portes avec une décoration autour de l’emblème impérial. La carte reste encore secrète. L’ouverture au printemps du restaurant gastronomique cantonais, Shang Palace, sera marquée par l’arrivée de 5 chefs de Hong Kong, dont le chef Frank Xu.

La saga Shangri-La

Le groupe hôtelier de luxe basé à Hong Kong, Shangri-La Hotels & Resorts, est la propriété de la famille Kuok à l’origine de la saga hôtelière. Le premier Shangri-La hotel ouvre en 1971 à Singapour, la ville état de la péninsule malaise composée à 77 % de population d’origine chinoise. 1984 marque l’entrée du groupe en Chine continentale avec l’ouverture d’un hôtel à Hangzhou au sud-ouest de Shanghaï. Longtemps capitale chinoise avant Pékin, la ville est célébrée pour sa beauté, son riche passé architectural et ses nombreux touristes. Cinq ans plus tard, le deuxième hôtel sur le sol chinois s’inaugure à Pékin. Les années 2000 sont marquées par une expansion très fertile avec l’ouverture d’un hôtel presque chaque année. Aujourd’hui, le groupe gère 69 hôtels sous les marques Shangri-La pour les 5 étoiles et Traders Hotels pour les 4 étoiles avec plus de 30 000 chambres dans le monde. Le palace parisien du groupe est son premier hôtel en Europe, suivra en 2011 un hôtel à Vienne en Autriche puis dans la capitale britannique en 2012 à côté du London Bridge.

Travaux princiers pour hôtel princier

A tout seigneur, tout honneur. Protégé au titre des Monuments Historiques, les travaux de restauration et de transformation en hôtel de luxe du bâtiment ont duré 4 ans soit le nombre exact d’années pour sa construction en 1892. 20 000 m², une coupole redécouverte, vestige d’un travail des années 30 qui chapeaute le restaurant La Bauhinia, la création de fenêtres donnant sur le jardin donnant l’impression d’avoir toujours été là, la piscine de 16 mètres de long du côté de la rue Fresnel ne sont qu’une infime partie des travaux réalisés. Ainsi les clients auront à leur disposition 55 chambres, 27 suites, 3 restaurants dont 2 gastronomiques, un bar, 4 salons de réception représentant 850 m² et dès le printemps prochain un espace bien-être avec une salle de fitness de 80 m² qui nous réservera des surprises encore. Les chambres d’une superficie moyenne de 47 m² sont proposées à partir de 750 € ; les suites débutent à 1565 € pour culminer à 20 000 € si l’on choisit la suite impériale avec 2 chambres communicantes supplémentaires soit 350 m². Les désirs du client n’ayant pas de limite, il pourra pour 25 000 euros la nuit privatiser le 7e étage avec 500 m² incluant les terrasses et 4 chambres. A terme, le palace emploiera 400 personnes.

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