Siobán Harnett, la passion du vin

Une rencontre sous le charme de la viticultrice néo-zélandaise, de passage à Paris pour nous faire partager sa passion des vins de terroir exceptionnels.

Siobán Harnett

Siobán Harnett

C’est à Paris dans le Triangle d’or que j’ai rencontré Siobán Harnett la fameuse viticultrice, qui a dirigé pendant 7 ans le domaine de Clouday Bay en Nouvelle-Zélande, un des sept domaines au monde, appartenant à Estates & Wines du groupe planétaire LVMH. Elle s’occupait des 230 hectares du domaine viticole répartis sur 5 sites et en supervisant la direction de 5 contrats de production des meilleurs sites de la vallée de Wairau. « Très rapidement à mon arrivée, poursuit-elle, j’ai dirigé le développement d’un nouveau site à Omaka Valley presque entièrement dédié au Pinot Noir. » La première récolte en 2007 a porté ses fruits et les dernières indications semblent très prometteuses pour ce Pinot Noir. « Avant Cloudy Bay, j’ai travaillé 5 ans comme viticultrice à Marlborough pour Villa Maria et dirigé la compagnie Seddon Vineyards et 24 producteurs tout en découvrant et développant de nouvelles sélections. Cela m’a permis de comprendre les climats et les terres de la région ainsi que leurs influences sur les vins finis. » Raconte-t-elle avec simplicité et fierté. De la fierté, elle peut en avoir en regardant son parcours. Villa Maria Estate, situé sur le côté sud d’Auckland dans la banlieue de Mangare, est un des plus importants vignobles de Nouvelle Zélande. Initialement formée à l’agriculture et la viticulture à la Lincoln University et l’UC Davis, en 2002 Siobán Harnett a complété sa formation par un MBA à la Victoria University à Wellington. Ses compétences en viticulture ont été complété par un habile palais, quelle affute à chaque occasion comme notre déjeuner en sa compagnie nous l’a démontré.

 

Dès le début, elle avait la volonté de produire des vins de terroirs respectueux du terroir et de les faire évoluer. Et c’est exactement ce qu’elle a fait avec Te Koko de Cloudy Bay, un sauvignon issu d’une seule parcelle réalisé à partir d’une levure locale inconnue jusqu’en 1991 qui a permis la production de  ce vin particulier. Des vins très appréciés en Europe et que la France commence à découvrir. « Les vins de Marlborough sont exportés principalement en Australie, au Royaume-Uni, aux États-Unis et en Europe. » Raconte la viticultrice. L’Europe et la France en particulier est un marché qui tend à se développer. Et quand elle n’est pas de vignes, Siobán Harnett cuisine pour ses amis, voyage ou écrit régulièrement dans Mentelle Notes, dance la salsa ou s’occupe de son whippet, Thomas. Décidément, Siobán est une femme que l’on a envie de revoir au plus vite autour d’une table et d’un bon vin à Marlborough, Nouvelle-Zélande.

 

Evolution en hectares du vignoble de Marlborough

Evolution en hectares du vignoble de Marlborough

En Nouvelle-Zélande, le vin fait boom !

Pays de l’Océanie, Aotearoa en maori, est composé de deux îles principales, l’île du Nord et l’île du Sud ainsi que de nombreuses petites îles. D’une superficie totale de 268 680 km2 en incluant toutes les îles. C’est moins que l’Italie, mais plus que le Royaume-Uni. L’île Sud est la plus grande partagée dans toute sa longueur par les Alpes du Sud (Southern Alps) dont le mont Cook qui culmine à 3 754 mètres. Le pays bénéficie d’un climat plutôt tempéré et océanique avec des températures oscillant entre 0 °C et 30 °C. Marlborough, Hawke’s Bay et Gisborne furent les régions pionnières pour la viticulture, qui s’est rapidement développée. En 1999, il existait 334 vignobles sur 9 000 hectares produisant 60,2 millions de litres dont 16,6 à l’exportation représentant 125,3 millions de dollars NZ. En 2009, 11 ans plus tard, ce sont 643 vignobles sur 31 964 hectares qui produisent 205,2 millions de litres, dont 112,6, soit plus de la moitié, à l’exportation. Cela représente 991,7 millions de dollars NZ (562,10 millions d’euros), soit presque 8 fois plus qu’en 1999. Les variétés phares sont le Sauvignon blanc, le Chardonnay, le Pinot Noir et le Merlot.

Principaux cépages néozélandais

Principaux cépages néozélandais

Le vignoble de Marlborough

Quand en 1973, les premières vignes ont été plantées, personne ne pouvait prédire que cette région allait devenir le plus grand et le plus connu des vignobles néo-zélandais en moins de 20 ans. Situé à l’extrême nord de l’île Sud, les vignes profitent des plus longues heures d’ensoleillement de toute la Nouvelle-Zélande et de nuits fraîches grâce au climat maritime. La longue et lente période de maturation conserve les saveurs typiques des vins de Nouvelle-Zélande. Le Sauvignon blanc, qui représentait 15 472 hectares en 2000, occupe en 2009 177 647 hectares. Ce cépage trouve des conditions exceptionnelles dans cette région avec un sol bien drainant grâce au terreau alluvionnaire sur un sous sol caillouteux dans les vallées de Wairau River et Awatere River. Si le Chardonnay est bien représenté (23 593 hectares en 2000 contre 34 393 en 2009), il évolue plus lentement. Le Pinot Noir a vu sa superficie multipliée par un peu plus de 4 en 10 ans, soit 6 319 hectares en 2000 et 27 547 en 2009. Quant au Merlot, sa surface s’est multipliée par presque 3, 4 090 hectares en 2000 et 11 723 en 2009. (Sources : New Zeeland Wine)

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